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Très cher(e) neurotypique

Très cher(e) neurotypique,

 

Je prends ma plume dans l’intention de pacifier nos relations.

Et quoi de mieux qu’un 11 novembre, jour d’armistice, pour initier la paix entre nos deux mondes.

Peut-être vas-tu trouver cette lettre impudique ?

Je crois en la force de l’exemple.

Mon intention est de t’expliquer mon univers neuro-atypique pour accéder plus facilement au tien.

Baissons les armes !

Se livrer est une chance de nous offrir une meilleure vie ensemble et d’accepter nos différences.

 

 

Je tiens à préciser que tout ce qui est écrit ci-dessous n’est que mon expérience et n’a pas office à être généralisé à toute personne ayant des différences comportementales avec toi. Ce n’est que ma perception de la vie sous les filtres de mes expériences, mon éducation et ma personnalité.

Si tu penses qu’une personne me ressemble, va discuter avec elle pour la comprendre ce sera plus juste.

 

Génèse

Quand je suis diagnostiquée Autiste Asperger(*), la psychologue m’indique que je peux suivre des séances pour je puisse m’adapter au monde des neurotypiques, à toi. Elle m’a précisé « ils ne sont pas capables de faire l’effort de vous comprendre ».

Cette phrase a tourné longtemps dans ma tête.

Pourquoi tu n’es pas capable de me comprendre ? Tu n’es pas idiot !

 

Quand j’ai commencé à dire que je suis autiste, j’ai souvent entendu :

« Tu ne vas pas en parler à tout le monde ! »

« Ce n’est pas possible tu es trop sociable ! »

« Tu sais je connais des autistes, j’en ai dans ma famille, et tu ne leurs ressembles pas du tout »

« Pourquoi tu ne l’as pas su avant ? »

Jamais au grand jamais, tu m’as demandé :

« Comment tu le vis ? »

« Qu’est-ce qui se passe dans ta tête ?

« Quelles sont tes difficultés ? »

« Comment puis-je t’aider ? »

 

A vrai dire, je ne savais pas vraiment comment te l’expliquer à l’époque.

J’ai eu besoin de m’apprivoiser.

Aujourd’hui c’est possible et je crois que tu es tout à fait capable de me comprendre.

Tout s’apprend si la motivation est là.

 

En voulant être comme toi pendant 48 ans, j’ai appris à analyser tes comportements, tes discussions pour t’imiter, au détriment de ma santé.

Grâce à ces efforts, j’utilise naturellement l’analyse du travail, l’analyse transactionnelle et l’écoute active. Cela me permet d’être pédagogue car je décortique tout pour comprendre le monde. C’est essentiel pour moi pour pouvoir vivre avec toi et maintenant pour comprendre mes sentiments.

Alors, je te remercie de m’avoir permis de développer ces magnifiques compétences.

Cependant, je suis fatiguée de m’adapter à toi, et maintenant, chaque jour j’essaie d’être au plus proche de ma vérité.

 

Voudrais-tu m’aider ?

Je pense que nous pouvons être bien chacun avec nos spécificités tout en faisant société.

Pour y parvenir, nous avons besoin de partager nos visions du monde. Non pas pour savoir qui à tort ou raison mais pour trouver un commun et accepter nos différences.

Pas facile, je sais.

Je suis certaine que nous pouvons le faire.

 

Pour moi l’inclusion c’est créer un commun où chaque singularité est respectée.

C’est ainsi que le bien-être existe dans une société.

 

Alors je commence, voici ma vraie personnalité et mes lunettes sur le monde. (Cette description n’est pas exhaustive et peut être nuancée en fonction des situations) :

 

Vie sociale

Je choisis les moments de sociabilité. Quand je suis avec beaucoup de monde je suis épuisée très rapidement. Je t’explique mon fonctionnement :

  • Au début, je dis des banalités et très vitre je te donne la parole et je t’écoute. Pendant ce temps, j’observe chaque personne pour analyser : ton de la voix, mots utilisés, gestuelles, mimiques, mouvements. Je peux ensuite rentrer en relation avec toi pour que tu me comprennes. Plus il y a de personnes plus c’est difficile. Alors généralement, je parle à une ou deux personnes uniquement. Plus il y a d’interactions moins mon cerveau sait où donner de la tête. Avec mon hypersensibilité, les émotions, les bruits, les lumières, les mouvements sont des sollicitations à analyser en même temps et c’est beaucoup trop d’informations pour ma petite tête.
  • Puis quand mes ressources mentales s’épuisent j’arrête de parler. J’ai compris que dans ces situations si je souris et que je fais oui avec la tête cela te suffit pour me trouver sympa, alors c’est automatique. Si je parle dans ces moments-là, je fais des boucles, c’est à dire que je répète ce que je dis. Les boucles sont un signe de fatigue dans mon cas, cela veut dire que mon cerveau est HS, il n’a plus de ressources pour te donner le change et reste dans la facilité.
  • Le lendemain, j’ai besoin de rester seule pour me ressourcer. Comme je n’ai pas eu le temps de ressentir toutes mes émotions pendant l’évènement car tout va trop vite, je profite de ce moment pour revivre les situations et entendre mes émotions qui s’y rapportent. J’ai également besoin de beaucoup dormir pour récupérer et retourner à ton contact.

 

Solitude

J’aime rester seule. Je peux passer des heures à rêver dans ma bulle, cela m’aide à enclencher mes prochaines actions pour réaliser mes rêves. Je me sens si bien. Si tu me parles et que je ne te réponds pas c’est parce que je suis trop captivée. Cela n’a rien à voir avec l’affection que je te porte.

En restant seule j’exprime mes émotions car j’ai le temps de les ressentir. Je dessine pour les formuler quand je n’arrive pas à trouver les mots. Car chaque émotion non exprimée reste bloquée dans mon corps et provoque des douleurs. C’est un long processus pour moi pour les manifester. C’est pour cette raison que je m’astreints à le faire quotidiennement.

Quand je travaille sur des projets qui me passionnent, je peux oublier de manger ou de dormir et rester concentrée des heures.

Quand je procrastine cela veut dire :

  • soit que je ne suis pas prête pour réaliser ce que je veux faire, j’ai besoin de temps,
  • soit l’action à réaliser n’est pas ma vraie passion et je me force. Dans ce cas, j’arrête l’action après plusieurs essais pour laisser place à ce qui est vraiment important pour moi. Je me suis beaucoup forcée avant de me connaître vraiment et cela a engendré plusieurs burn out, maintenant c’est fini. Les moments seules me permettent de définir ce qui est bon pour moi ou non, je connais les signes.

Par exemple : J’ai décidé d’arrêter de réaliser mon podcast Histoires Harmonieuses à grands regrets. Même si j’adore interviewer mes invités je n’aime pas monter l’épisode et communiquer sur les réseaux sociaux. 3 épisodes sont dans la boîte en attente d’une bonne âme pour effectuer ce que je n’aime pas. J’ai laissé tomber une charge mentale qui m’empêchait de réaliser tout le reste qui me passionne. Suite à cette décision, j’ai trouvé comment t’écrire cette lettre qui me tient à cœur.

 

Discussion

Plusieurs facteurs rendent mes discussions énergivores. Même si je m’améliore et me concentre, j’ai toujours des stupéfactions.

  • J’ai du mal à exprimer mes besoins dans une conversation classique. Je ne sais pas quand est le bon moment pour que j’intervienne. Les conversations changent rapidement, la parole est coupée. Le silence a peu sa place. Or il m’aide à réfléchir à ma réponse. C’est pour cette raison que je préfère l’écrit à l’oral.
  • Je te pose des questions pour mieux te comprendre. Elles sont parfois anodines. Cela me permet d’imaginer ta vie et pouvoir interagir avec toi.
  • Quand tu me parles, je prends la plupart des phrases au pied de la lettre. Si tu me poses une question, j’y réponds sincèrement, je te livre ce qui est important pour moi. Si j’ai l’impression à ta réaction que cela ne t’intéresse pas je suis blessée. Parfois, cela peut créer des situations très cocasses et clairement nous ne vivons pas la même chose pour une même action ou récit.         Par exemple : une amie m’a raconté qu’une personne était rentré dans sa voiture. Tandis qu’elle me disait qu’elle avait eu un accident j’avais compris que quelqu’un avait ouvert sa porte de voiture pour rentrer dedans avec elle.
  • Parfois j’invente des mots, ils sont plus parlants que les vrais. Dans le vocabulaire classique, certains mots ne veulent rien dire pour moi. Tu peux me répéter la définition, je ne la retiens pas. J’ai besoin de l’expérimenter. Par exemple, en ce moment, j’ai des questionnements sur les mots congruence et résilience, ..
  • Je ne comprends pas toutes tes blagues en revanche les miennes je les trouve très drôles.
  • Avec certains de tes comportements, tu peux déclencher de la peur chez moi. Je peux ressentir de la violence comme des coups de poignards.

Par exemple : quand tu es trop directif avec un ton de voix sec sans raison logique. Pour me protéger je me tais, je te laisse parler et j’entre dans ma bulle.

Heureusement aujourd’hui, j’ai trouvé des astuces pour être plus à l’aise et exprimer ce que j’ai à dire. Pour ça, je fais un long travail préliminaire avant une rencontre si je le peux, sinon j’accepte mes difficultés et je progresse grâce à elles.

 

Capacités

Grâce à mon hypersensibilité je perçois des détails que personne ne voit.  Ainsi j’obtiens des informations sur des situations alors que pour toi elles sont invisibles. Je n’aime pas les généralisations car pour moi chaque détail a son importance.

Quand je travaille avec des dirigeants sur leurs données financières ou qu’ils m’expliquent leur organisation. Je sais tout de suite là où se situe les difficultés. Le reste de ma mission est de trouver des indices visibles et rationnels pour leurs expliquer les changements à pratiquer.

Je suis utopiste. Je crois que nous sommes les seuls responsables de notre situation. J’adore trouver des solutions. en laissant aller mon imagination fertile. Parfois elles sont audacieuses et quand je te les propose, souvent tu me réponds « Mais dans la vie ça ne se passe pas comme ça » ou « c’est impossible ».

Je crois que je peux créer le monde dans lequel je vis, tout est une question de choix.

Cette lettre est d’ailleurs un acte utopiste pour que je puisse vivre dans un monde où chacun peut exister comme il est. Je ne sais pas comment elle sera reçue mais au moins j’aurai essayé de créer mon rêve.

 

Es-tu prêt(e) ?

Maintenant que tu connais mon système de fonctionnement, souhaiterais-tu me dire comment cela se passe de ton côté ?

As-tu des informations ou des réflexions à me partager sur mon partage?

 

J’espère que mes mots t’auront éclairé.

J’attends ta réponse avec impatience.

 

Je partage mon expérience au plus grand nombre (entreprises, écoles, associations,…) pour que l’inclusion nous aide à faire société.

Contacte moi pour créer un projet commun qui a du sens. (Je suis capable de parler en public en faisant un travail sur moi pour me sentir à l’aise, le stress se voit que les premières minutes et je prends du plaisir ensuite.)

Si tu as des questions, j’y répondrai avec plaisir.

Tu peux me contacter sur mon adresse e-mail : fabienne@acvisofinance.com

 

Je suis persuadée qu’ensemble nous développerons un monde heureux pour tous.

 

Prends soin de toi.

A très vite

 

Neuro-atypiquement

 

Fabienne

 

(*) L’autisme asperger fait partie des Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA). Chaque personne a des caractéristiques différentes. Par exemple les femmes savent développer le lien social au contraire des hommes. C’est pour cette raison qu’elles sont si difficilement détectables. Pour en savoir plus.